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La confirmation est le sacrement consistant à oindre d’huile sainte une personne baptisée afin qu’elle reçoive le don du Saint-Esprit. Alors que, par le baptême, le baptisé meurt et ressuscite avec le Christ, le confirmé est empli du Saint-Esprit comme l’ont été les Apôtres le jour de la Pentecôte avec Marie. En tant que telle, la confirmation confirme l’appartenance du baptisé à l’Église comme communion dans le même Saint-Esprit. Le baptême et la confirmation sont intimement liés : la confirmation est en quelque sorte l’achèvement du baptême.

Durant les premiers siècles, le baptême et la confirmation ne formaient qu’une seule célébration lors de la veillée pascale. Au fil du temps, le christianisme, dans ses époques primitives, qui était initialement un phénomène urbain, s’est progressivement répandu dans les campagnes. Par conséquent, les évêques ne pouvaient plus célébrer toutes les messes de Pâques ni baptiser tous les catéchumènes qui étaient devenus trop nombreux et se trouvaient à des endroits trop éloignés. Par ailleurs, la mortalité infantile élevée poussait les gens à baptiser leurs enfants tôt et à n’importe quel moment de l’année. Il s’est alors posé une question essentielle pour le sacrement du baptême : devait-on continuer à baptiser en donnant les deux onctions baptismales à la fois et renoncer au lien avec l’évêque qui, traditionnellement, faisait la deuxième onction ? Ou bien fallait-il que l’évêque continue à donner ladite deuxième onction et que l’unique sacrement devienne deux sacrements complémentaires ?

Selon les théologiens des sacrements comme Ngalula Tumba: « Le prêtre faisait la première onction (dite pré-baptismale) et le bain de baptême, et laissait la deuxième (dite post-baptismale), au cours de la même célébration, à l’évêque. Plus les communautés ecclésiales devenaient nombreuses, moins l’évêque pouvait être présent à tous les rites d’initiation chrétienne, tant il est vrai qu’ils se déroulaient pendant la veillé pascale. L’évêque ne pouvant donc pas être à toutes les veillées pascales des communautés sous sa juridiction, l’onction post-baptismale se sépara de la première et du bain et fut remise à la visite (pastorale) de l’évêque et prenait le nom de confirmation : ceux qui étaient baptisés par les prêtres devaient être confirmés dans leur foi par l’évêque (une sorte de perfection du baptême, cf. le concile de Riez, can. 3–4) ; devenus matures, ils peuvent alors aller en mission et témoigner du Christ. On trouve ainsi l’acquisition de cette discipline en Occident dès le pape Innocent Ier qui, en 416 dans la lettre à Docentius, évêque de Gubbio en Italie, reconnaît aux prêtres le droit de baptiser, mais aux seuls évêques celui de confirmer, de consigner »2.

L’Église catholique latine pratique aujourd’hui la deuxième solution, alors que les Églises orthodoxes et catholiques orientales sont fidèles à l’ancienne tradition. Au profit du lien avec l’évêque, les deux onctions baptismales sont donnés dans l’Église latine à deux moments différents : l’une au baptême par le prêtre, l’autre souvent plusieurs années après, à la confirmation par l’évêque. Pour l’Église catholique, le baptême, la confirmation et l’eucharistieconstituent les sacrements de l’initiation chrétienne. La confirmation constitue de plus l’entrée dans la vie active de chrétien du baptisé. Les autres sacrements sont le sacrement de pénitence ou de réconciliation, l’onction des malades, l’ordre et le mariage.

Le sacrement de la confirmation est ordinairement donné par l’évêque ou, dans le cas où cela n’est pas possible, par un prêtre délégué par l’évêque. Après avoir étendu les mains sur les confirmands (ceux qui vont recevoir la confirmation), l’évêque (ou le prêtre) les oint du Saint-Chrême. Il énonce les paroles : « Sois marqué de l’Esprit-Saint, le don de Dieu ».

Comme pour le baptême, un parrain ou une marraine accompagne dans la mesure du possible celui qui reçoit la confirmation. Il n’est pas obligatoire que ce soit la même personne que pour le baptême3.

Jusque dans les années 1980, la confirmation en France était donnée obligatoirement un ou deux ans après la première communion et un ou deux ans avant la communion solennelle (ou profession de foi). Un texte voté par les évêques de France en 1986 et confirmé par Rome en 1989 retarde désormais l’âge de réception de ce sacrement et précise qu’à « la décision de chaque évêque pour son diocèse, l’âge de la confirmation pourra se situer dans la période de l’adolescence, c’est-à-dire de 12 à 18 ans. »4. Cette orientation est très majoritairement suivie dans les diocèses de France et cela a entraîné une chute rapide du nombre de confirmands. Devant l’érosion du nombre de demandes de confirmation en France, se pose désormais le sens de cette pratique. Pour une présentation globale des enjeux, on peut se référer au travail mis en place par le diocèse de Nantes à partir de mars 20115 : il convient tout d’abord de comprendre le sens, la pertinence et l’actualité de l’initiation chrétienne dans un monde où se pose la question de l’identité. Comment passer d’une identité construite à une identité reçue ?… Il est alors possible de considérer la place des sacrements dans cette initiation et, tout particulièrement, la confirmation des jeunes aujourd’hui. L’auteur revient alors sur l’histoire de la séparation entre « baptême » et « confirmation ». Les rites post-baptismaux sont désormais réservés à l’évêque… Au service de l’unité de l’Église, cette réserve épiscopale exprime le lien qui existe entre recevoir une fois encore l’Esprit Saint et vivre en Église.