Drôle de monture pour un Roi supposé renverser l’occupant romain et prendre le pouvoir ! Même  pas un cheval, ni un âne adulte : mais le petit d’une ânesse, tout ce qu’il y a de plus humble et inattendu comme symbole de puissance et royauté. Ainsi en est-il pour Jésus assis sur cet animal de petite taille,  on imagine les jambes du Maître à califourchon touchant le sol !

Depuis cette première entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, les commentaires vont bon train sur cette monture royale : elle nous parle très fort aujourd’hui si l’on comprend que cette figure de l’ânon c’est l’Église elle-même : elle a reçu mission de porter le Christ dans la cité des hommes.

En vérité, elle se  dévoile plus que jamais à nous dans sa fragilité, son infidélité. Elle est appelée à faire preuve de beaucoup d’humilité, de simplicité ; pas d’arrogance ni de superbe, ni d’esprit de domination et jugement pour les disciples du Serviteur, doux et humble de cœur. « Une Église servante » avant même de se présenter un peu trop vite parfois comme « experte en humanité » trop souvent sujette à vouloir donner des leçons aux autres.

Comprenons que ce n’est pas pour rien que Jésus a choisi l’ânon pour le conduire  à Jérusalem : ainsi se manifeste la puissance même de Dieu qui transforme la ténèbre en lumière par la puissance de sa miséricorde.

François Boiteux, Curé.